Jeûner en toute sécurité. - Alimentation, Santé et Bien être

Jeûner en toute sécurité.

Jeûner signifie se priver volontairement, totalement ou partiellement, de nourriture. Hors contexte religieux, le jeûne a retrouvé, depuis plusieurs années, un sens nouveau et une popularité grandissante. Un discours moderne a vu le jour : santé, bien-être…

Le jeûne est une pratique très ancienne dont l’objectif est de permettre, en s’abstenant de toute prise alimentaire sur une période donnée, de se tourner l’esprit libre vers la prière, afin de se centrer pleinement sur Dieu et de s’élever spirituellement. Pourtant, hors contexte religieux, le jeûne aujourd’hui fait de plus en plus d’adeptes.

Une cure de jouvence

Il est courant de jeûner lors d’affections digestives pour retrouver une sensation de mieux-être ou de modifier les prises alimentaires, dans le sens d’un allègement des quantités, tout comme lors de la préparation de certaines épreuves sportives. D’autre part, le verbe jeûner comporte déjà en son sein le terme jeune. Sur le plan de la psyché, les messages actuels peuvent induire des avantages obtenus par celui qui le pratique, surtout au niveau corporel. Il peut s’agir aussi, sous sa forme névrotique, d’une forme de jouissance, de l’ordre d’une (fausse) maîtrise de soi. Pourtant, dans sa forme idéale, le jeûne se présente comme un moyen naturel pour le corps d’effectuer son propre décrassage, d’éliminer ses toxines et autres déchets accumulés, de se débarrasser de cellules vieillies pour laisser place à de nouvelles cellules ; il s’agit de faire peau neuve en quelque sorte. L’énergie auparavant bloquée, notamment par le processus de digestion, devient disponible pour des fonctions de régénération, de lutte contre un processus de maladie aiguë ou chronique. Jack Baillet, médecin cardiologue et physiologiste, lors d’une étude sur la régulation glycémique, constate que tout au long du jeûne, la glycémie reste stable, d’une part parce que l’organisme utilise ses faibles réserves de glycogène puis le glucose fourni par néoglucogène et, d’autre part, parallèlement, parce que les populations cellulaires utilisent les réserves lipidiques, mobilisées sous forme d’acide gras et de cataboliques cétoniques d’origine hépatique. Renaissance, nouvelle essence, le spectre du vieillissement s’éloigne. Une nouvelle dynamique se met en place, la peau se nettoie, se purifie, s’embellit. Il devient possible de perdre des kilos en trop, de modifier son apparence.

Bien définir les limites

Si la détermination de la durée du jeûne est en dernier ressort personnelle, celle-ci repose habituellement sur des périodes multiples de 7 : (7, 14, 21). Le chiffre 7 est à la fois symbolique puisqu’il correspond aux sept jours de la semaine, aux sept planètes, aux sept degrés de la perfection, et également spirituel : le monde a été créé en six jours, Dieu chôma le septième jour et en fit un jour saint. En Islam, 7 est également un chiffre faste, symbole de perfection. En symbolique analytique, le 7 pose le principe de guérison.
Classiquement, le jeûne comporte un apport hydrique important sous forme d’eau, de tisanes, de décoctions, de bouillons de légumes chauds, de jus de fruits et des lavements évacuateurs. Le rythme de la journée se veut plus lent ou même posé sur une période de repos. Détente et relaxation sont possibles, les activités sportives douces sont les bienvenues. Les soins corporels interviennent également sous la forme de bains, douches, soins de peau, soins buccaux et recentrent l’individu sur son enveloppe corporelle. C’est une période qui se veut propice pour libérer les émotions, laisser émerger une plus grande sensibilité, pour une meilleure introspection ou des échanges au sein d’un groupe selon que le jeûne est effectué seul, à plusieurs ou sur son lieu de travail. Gandhi assurait que ses périodes de jeûne lui permettaient toujours de prendre ses plus grandes décisions. La frustration initiale devient alors effectivement un temps à soi, pour soi, vecteur d’une bonne conscientisation objectivable et, par voie de conséquence, d’un apaisement tant sur le plan corporel que psychique. À condition toutefois de bien définir les limites du raisonnable et de ne pas tomber dans le piège d’une forme muette de masochisme, tant physique que moral. Ainsi, si jeûner consiste pour certains à atteindre une sorte d’équilibre et de sagesse, encore faut-il être capable de bien identifier l’origine de ce renoncement qui reste, quoi qu’il en soit, outre une application formelle médicale, manifestement ambivalent…

Le Ramadan

Dans la culture francophone française, le « Ramadan » renvoie au jeûne. En fait, le Ramadan est le 9ème mois de l’année du calendrier musulman. Il correspond traditionnellement à la période au cours de laquelle le prophète Mahomet aurait eu la révélation du Coran. Faisant partie des pratiques de l’Islam, le jeûne du Ramadan est attendu chaque année avec ferveur. Il s’agit pour les croyants du meilleur mois de l’année qui contient la meilleure des nuits, la nuit du destin. Spirituellement, le jeûne du corps n’est qu’un véhicule qui peut conduire au jeûne du cœur, c’est-à-dire à un travail sur soi permettant de développer les qualités telles que bonté, bienveillance, patience, persévérance, justice, solidarité, fraternité, tout en réduisant des défauts comme l’égoïsme, l’individualisme, l’hypocrisie, la médisance, la jalousie..

 

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