Grains de beauté : pourquoi faut-il surveiller sa peau?

Qu’est-ce qu’un nævus ?

Quelle est la différence avec un mélanome ?

Pourquoi et comment les surveiller ?

Notre dermatologue répond à vos questions.

Qu’est-ce qu’un nævus ?

Un nævus, ou grain de beauté, est un amas de cellules mélanocytaires, des cellules pigmentaires, dans la peau.

Le nævus se caractérise le plus souvent par une petite tâche brune ou une petite grosseur cutanée rosée ou brune, qui apparaît dans les premières décennies de la vie. Les zones exposées au soleil présentent souvent plus de grains de beauté, comme le dos chez l’homme ou les jambes chez la femme, par exemples.

Un grain de beauté bénin a généralement une allure symétrique (on peut placer un miroir au centre du nævus et son aspect sera le même de chaque coté du miroir), homogène (une seule couleur, régulièrement répartie), des bords bien réguliers, lui donnant une allure ronde ou ovale et un diamètre inférieur à 6 millimètres.

Il en découle la règle de « l’abécédaire », permettant de repérer les nævus atypiques ou dysplasiques, plus à risque de transformation en mélanome, ou de constituer un risque de survenue de mélanome sur le reste de la peau, notamment s’ils sont nombreux :

A = Asymétrique. Si on trace un trait imaginaire au milieu du grain de beauté, les deux parties n’ont pas la même forme

B = Bords irréguliers. Les bords ne sont pas nets, comme sur une « carte de géographie ».

C = Couleurs différentes. Le grain de beauté a plusieurs couleurs : brun clair, brun foncé, rosé…

D = Diamètre supérieur à 6 millimètres (la taille approximative d’une gomme de crayon).

Certaines personnes présentent de nombreux nævus de ce type et souffrent d’un syndrome du nævus dysplasique. Elles ont un risque nettement accru de développer un mélanome par rapport à la population générale.

Il faut ajouter à ces lettres la lettre E, qui signifie Evolution. Tout grain de beauté qui se modifie, change de couleur, démange, prend du relief, s’étale, saigne, devient croûteux, etc… nécessite une consultation médicale pour contrôler qu’il ne s’agit pas d’un mélanome débutant.

Comment distingue-t-on un nævus d’un mélanome ?

Le mélanome est une forme de cancer de la peau, pouvant être redoutable et engendrer des métastases. Lorsqu’il commence à apparaître, le mélanome peut ressembler à un nævus : il peut donc être très difficile de distinguer un mélanome débutant d’un nævus.

Ainsi, le médecin réalisera l’exérèse (=intervention chirurgicale qui consiste à retirer le nævus s’il est déclaré comme potentiellement dangereux) de tout bouton ou tâche lui semblant suspects pour analyse au laboratoire sous microscope.

Le dermatologue examine les nævus à l’aide d’une loupe appelée « dermoscope », qui permet de grossir et de mieux visualiser les structures et les couleurs en vue d’affiner son diagnostic et de dépister le mélanome plus tôt.

Lorsque le mélanome évolue, il prend généralement une allure très atypique. L’idéal reste d’en réaliser le dépistage avant qu’il ne prenne cette allure, grâce au dermoscope.

Pourquoi et comment les surveiller ?

Nous avons vu que les nævus constituaient un facteur de risque de mélanome et qu’un mélanome débutant pouvait ressembler à s’y méprendre à un naevus, d’où l’intérêt de surveiller les naevus régulièrement.

Ceci est d’autant plus vrai chez les personnes présentant un facteur de risque associé de mélanome à savoir :

  • Un phototype clair (peau claire, cheveux blonds ou roux, yeux clairs, tâches de rousseur, peau qui rougit avant de bronzer…)
  • Un antécédent familial ou personnel de mélanome ou d’autres cancers de la peau
  • Antécédents de coups de soleils et/ou d’expositions solaires trop intenses et sans crème solaire

Toute personne qui présente un ou plusieurs de ces facteurs de risque doit impérativement :

  • Effectuer des auto-examens réguliers (tous les mois à tous les deux mois) : examiner l’ensemble de sa peau sous un bon éclairage, avec un miroir en pied et un miroir à main. Il est également possible de se faire aider par un proche ! Toute modification de nævus, apparition de bouton, etc… doit être examinée par un médecin.
  • Même en l’absence de modification de bouton ou nævus, effectuer une consultation de dépistage annuelle chez le dermatologue.

Enfin, on ne répétera jamais assez que la surveillance des grains de beauté est indissociable des règles de protection solaire :

  • Protéger la peau du soleil en portant des vêtements à manches longues, des pantalons et un chapeau à large bord. Le polyester laisse moins passer les rayons ultraviolets que le coton.
    On trouve, dans les magasins d’articles sportifs, des vêtements spécialement conçus pour offrir une protection maximale contre le soleil, appelés « vêtements anti-UV ». Ils sont faits de microfibres spéciales, ont un tissage plus serré.
  • Rechercher l’ombre et éviter de s’exposer au soleil sans protection, surtout lorsque le soleil est au zénith. Cette mesure de précaution s’applique aussi quand le temps est nuageux, car les rayons du soleil traversent les couches légères de nuages.
  • Éviter de fréquenter les salons de bronzage. À noter que le fait d’avoir un teint hâlé grâce à une lampe de bronzage avant de partir en vacances vers une destination soleil ne protège pas la peau contre les rayons du soleil.

L’avis de notre dermatologue sur le nævus:

Le dermatologue est extrêmement attentif aux nævus car il craint toujours le mélanome :

Le mélanome est dans 80% des cas une tâche apparaissant sur la peau, ressemblant le plus souvent, au début de son évolution, à un nævus. Il est donc difficile de distinguer un mélanome débutant d’un nævus d’apparition récente.
Dans les autres 20% des cas de mélanome, ce dernier provient de la transformation maligne d’un nævus préexistant.

La présence d’un grand nombre de nævus sur la peau (plus de 50) constitue un facteur de risque de mélanome.

Dr Ludovic Rousseau, dermatologue

Bon à savoir :

En France, la Sécurité Sociale a mis en place une consultation annuelle spécifique de dépistage du mélanome par le dermatologue, prise en charge sans besoin de passer par le médecin traitant (parcours de soins) dans les cas suivants :

  • antécédent personnel ou familial de mélanome ;
  • phototype cutané de type I (peau claire, yeux bleus, cheveux clairs) ;
  • nombre élevé de nævus, de nævus de grande taille, de nævus atypiques ;
  • antécédents ou mode de vie avec expositions solaires intenses.

Source :passeportsante.net

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