Ce qu’il faut savoir sur les kystes aux ovaires.

Les kystes de l’ovaire touchent 5 % des femmes, souvent en âge de procréer, mais ils peuvent aussi apparaître à la ménopause. D’où viennent-ils ? Faut-il les opérer ? Font-ils courir un risque pour la fertilité ? Voici les réponses actuelles.

kystes aux ovaires

Lorsqu’on vous annonce que vous avez un kyste à l’ovaire , la première question qui vous vient à l’esprit est bien souvent :  « C’est grave, docteur ? »
Un kyste, c’est une grosseur, une tumeur pour les médecins, mais pas de quoi s’inquiéter :  « Une tumeur veut simplement dire que quelque chose a poussé mais, en ce qui concerne les kystes ovariens, cette grosseur est bénigne dans la très grande majorité des cas » , rassure le Pr Jacques Lansac, gynécologue-obstétricien.

Les différents types de kystes

 Les kystes fonctionnels représentent 90 % des kystes ovariens.  « Ils sont dits fonctionnels car ils sont liés au fonctionnement de l’ovaire » , précise le Pr Lansac. Fréquents chez les femmes qui ne prennent pas la pilule ou sous traitement pour stimuler l’ovulation, ils peuvent aussi apparaître en début de grossesse .

 Les kystes organiques sont plus rares et ne disparaissent pas d’eux-mêmes. Ils peuvent contenir du sang (kystes endométriosiques), des tissus graisseux (kystes dermoïdes), du mucus (kystes mucineux) ou un liquide semblable à de l’eau (kyste séreux).
 Les kystes multiples,  « ou plutôt la multitude de micro-kystes de quelques millimètres, sont, en fait, de gros follicules, situés sur les deux ovaires » , explique le Pr Lansac. Si la présence de ces nombreux microkystes s’accompagne d’un surpoids , de poils inhabituels (sur la lèvre supérieure, les seins ou le ventre), de troubles des règles et/ou d’acné , il s’agit d’un syndrome des ovaires polykystiques , une maladie encore méconnue qui touche pourtant 10 % des femmes. Il se traite par des hormones, si besoin.

Quels sont les symptômes d’un kyste ovarien ?

Dans 50 % des cas, les kystes sont indolores. Ils sont découverts par hasard, lors d’une échographie de contrôle, prescrite le plus souvent pour des problèmes d’infertilité ou en cas de grossesse. Quand il y a des symptômes, ce sont des douleurs dans le bas du ventre (sensation de gêne, de boule, pressions, tiraillements, pesanteur…). Ils peuvent aussi donner lieu à des troubles urinaires car, s’ils sont trop gros, ils peuvent comprimer la vessie.

D’où viennent-ils ?

Ils ont souvent une origine hormonale : un follicule trop gros, un corps jaune qui ne régresse pas, des follicules qui restent en surface… les kystes fonctionnels sont dus à un dysfonctionnement hormonal (voir encadré ci-contre), dont la cause reste souvent indéterminée.

Parfois, ils sont liés à une endométriose . En cas d’endométriose, le sang des règles ne peut pas s’échapper et forme des kystes remplis de vieux sang des règles.

Il arrive qu’ils soient inexpliqués. C’est le cas de certains kystes organiques.  « Pourquoi une tumeur apparaît ? Bien souvent, la cause nous échappe » , remarque le Pr Lansac.

Un kyste ovarien, c’est grave, docteur ?

Non, mais les kystes peuvent entraîner des complications. Comme une torsion de l’ovaire, rare mais extrêmement douloureuse, qui nécessite une hospitalisation immédiate car l’ovaire n’est plus vascularisé et peut se nécroser. Le kyste peut aussi se rompre et entraîner un écoulement de sang dans l’abdomen, provoquant des douleurs.

Il faut toutefois les surveiller, surtout s’ils sont organiques, ne disparaissent pas ou grossissent. Dans de très rares cas, certains kystes peuvent être à la limite entre kyste bénin et cancer . Mais  « on voit beaucoup plus de choses à l’échographie de nos jours, et la marge d’erreur reste infime » , rassure le Pr Lansac. Un suivi échographique tous les six mois peut donc être utile pour surveiller la disparition d’un kyste fonctionnel ou la croissance d’un petit kyste organique.

Faut-il opérer ?

En général, non. Les kystes ovariens fonctionnels disparaissent très souvent sans aucun traitement, au bout d’un à trois mois. S’ils réapparaissent, on peut prescrire la pilule pour mettre les ovaires au repos. «  Si le kyste est organique mais petit et non douloureux, on ne fait rien », explique notre spécialiste, qui ajoute qu’on en opère beaucoup moins aujourd’hui. Parce qu’on peut mieux détecter en amont le caractère bénin ou non du kyste et que, lors de l’opération, il y a toujours un risque d’abîmer l’ovaire en enlevant le kyste.

L’opération reste nécessaire dans certains cas, comme la torsion de l’ovaire, si le kyste semble suspect à l’échographie ou encore s’il mesure plus de 6 cm. Une intervention par cœlioscopie peut alors être nécessaire pour retirer le kyste tout en préservant l’ovaire.

Le drilling ovarien : cette opération peut être indiquée, très souvent en dernière intention, en cas d’ovaires polykystiques. Elle consiste à réaliser de petits trous dans l’ovaire pour stimuler l’ovulation.

Y a-t-il des risques pour la fertilité ?

Le plus souvent, non. La plupart des kystes se forment sur un seul ovaire. Dans ce cas, l’autre prend le relais. Les kystes fonctionnels disparaissent le plus souvent d’eux-mêmes. Il suffit donc de patienter jusqu’au cycle suivant pour retrouver des conditions optimales pour une ovulation de bonne qualité.

Mais dans certains cas, oui, surtout si le kyste est lié à une endométriose. Le vieux sang des règles peut alors refluer par les trompes, venir se fixer sur les ovaires et en perturber le bon fonctionnement. En cas d’ovaires polykystiques également, la présence d’une multitude de follicules rend plus épaisse la coque ovarienne et plus difficile l’ovulation. Dans la plupart des cas, une perte de poids et/ou des traitements, (stimulation ovarienne), peuvent suffire à enclencher une grossesse .

Source :topsante.com

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