GRIPPE 2018: Un enfant de neuf ans meurt de la grippe à Lourdes

Le petit Kylian, admis aux urgences de l’hôpital de Lourdes dans la nuit de jeudi à vendredi, est décédé de complications liées à des symptômes grippaux.

Mourir de la grippe quand on a moins de 10 ans, on ne savait pas que c’était possible. Jusqu’à ce drame survenu hier à Lourdes. Dans la nuit de jeudi à vendredi, un enfant de 9 ans est décédé des suites de ce virus par arrêt cardiaque. Il avait été admis aux urgences de Lourdes quelques heures plus tôt. Depuis le début de la semaine, ses parents le gardaient auprès d’eux pour le soigner de la grippe lorsque, jeudi, son état s’est aggravé. Devant ces signes, la maman, professionnelle de santé, l’a conduit au centre hospitalier de la cité mariale mais les travaux à Juncalas et les déviations ont ralenti sa progression. Kylian est décédé après son admission. Ce vendredi matin, les enfants de l’école Jean-Bourdette d’Argelès ainsi que les parents et les enseignants affichaient leur tristesse mais plus encore leur stupeur. Dès l’annonce de cette tragique nouvelle, l’inspection académique et l’Agence régionale de santé ont mis en place un suivi psychologique à l’école et au collège où est scolarisée la grande sœur de Kylian. Lundi, le dispositif sera reconduit et complété d’une cellule d’écoute. Les enseignants et les familles seront également écoutés.

Le H1N1 agresse les jeunes

Le virus, qui concerne toutes les régions, continue sa progression et cette virulente épidémie attaque des patients beaucoup plus jeunes que d’habitude.

D’après l’agence sanitaire Santé publique France, un excès de mortalité toutes causes confondues est observé chez les 15-64 ans depuis la mi-décembre. En Occitanie, 91 personnes ont été admises en réanimation, 54 % ont entre 15 et 64 ans, 38 % ont plus de 65 ans, le reste sont des enfants de moins de 15 ans.

Bien sûr, le lien avec la maladie de la grippe n’est pas certain car d’autres pathologies peuvent mettre la santé des malades en défaut. Autre indice qui prouve la virulence, les malades moins âgés sont atteints. Il semblerait que la souche H1N1 du virus qui circule soit assez peu connue par le système immunitaire des jeunes. La ministre de la Santé l’a confirmé, la semaine dernière. «Il y a beaucoup d’enfants et de jeunes qui aujourd’hui consultent aux urgences» précisait Agnès Buzyn. Il y a beaucoup d’enfants et de jeunes qui, aujourd’hui, consultent aux urgences. Depuis le début de l’épidémie, 70 morts sont déjà à déplorer en France, dont 29 âgés entre 15 et 64 ans.

Regard médical Dr Michel-Serge Piovezan, médecin généraliste à Beaumont-de-Lomagne

«Vacciner l’entourage pour protéger les enfants»

Le décès de cet enfant de 9 ans, victime de complications liées semble-t-il à un syndrome grippal interpelle.

Oui, c’est vrai que je suis surpris. A 9 ans, un enfant c’est costaud. Comme je ne connais pas le profil de ce jeune patient, il est difficile de savoir ce qui a pu se passer. Ce qui est certain, c’est que la grippe fragilise quiconque et entraîne des complications le plus souvent respiratoires. Il faut faire attention à ne pas affoler tout le monde parce qu’un enfant serait décédé de la grippe.

L’épidémie de grippe concerne toutes les régions et touche davantage les jeunes cette année. Quelle est la souche du virus ?

Il y en a plusieurs. Le H1N1 est le virus qui prédomine en Europe depuis plusieurs années, notamment en France. C’est celui-là qui touche davantage de jeunes patients, dont le système immunitaire est confronté pour la première fois à ce virus très agressif. Les personnes âgées sont plus exposées au H3N2. Ce sont des grippes de type A qui provoquent des pandémies. Et il y a aussi le virus B qui circule à proportion égale cet hiver. Contre la souche B, de type Victoria, le vaccin ne protège pas.

Quels conseils donner en termes de prévention pour les familles avec enfants ?

Se faire vacciner est la meilleure recommandation qu’on puisse donner. Si les parents se faisaient vacciner, ce serait déjà pas mal, car ça contribuerait à protéger l’entourage, en priorité leurs enfants. Le plus souvent, on constate que les complications graves concernent des personnes non vaccinées.

Source: ladepeche.fr

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