S’alimenter de mieux en mieux.

S’il est un besoin incontournable, avant tout autre chose ici-bas, c’est bien celui de se nourrir. Depuis notre naissance et le sein de notre mère ou notre premier biberon, l’alimentation constitue une nécessité vitale. Les aliments solides nous apportent le combustible à notre production d’énergie, ainsi que les ingrédients servant au maintien d’une bonne santé. Les aliments liquides fournissant le milieu indispensable sans lequel aucune vie ne serait possible.

Boire et manger sont le lot de tout un chacun. Pourtant, la manière de satisfaire ces besoins dépend de chaque époque, de chaque culture, de chaque individu. Ainsi, du mammouth préhistorique à notre centre commercial du même nom, la société des Hommes a connu bien des vicissitudes, des évolutions, des révolutions même – dont la faim fut d’ailleurs l’un des principaux moteurs –. Il faut croire cependant qu’elle n’a pas atteint la panacée en terme de nourriture idéale, témoin le déséquilibre entre une population quelque peu « gavée » et une autre qui meurt encore de faim. Toutefois, un engouement actuel pour une alimentation plus équilibrée, ainsi que pour une attitude plus responsable, semble annoncer les prémisses d’un mieux-être pour tous et pour chacun.

Entre plaisir et besoin

Si la question du bien s’alimenter ne trouve pas de recette miracle qui vaille pour chacun d’entre nous, c’est que la fonction alimentaire s’étaye depuis notre plus tendre enfance sur une confusion entre plaisir et besoin. En effet, selon comment nous avons investi ce que les spécialistes de la psyché nomment l’oralité, notre comportement alimentaire en sera affecté. Notre bouche ne nous sert pas seulement à ingérer ce dont nous avons besoin pour vivre mais elle est aussi érotisée dès notre venue au monde ! En effet, il n’est qu’à observer le nourrisson pour réaliser qu’il prend aussi beaucoup de plaisir à téter. Cette mémoire nous la retrouvons lorsqu’une angoisse nous pousse malgré nous à croquer la barre de chocolat alors que nous savons pertinemment qu’elle n’est pas vitale. Il s’agit, à ce moment-là, de retrouver un état de plaisir que nous confondons parfois avec un besoin. L’Homme est ainsi fait. Certains vont même jusqu’à halluciner le besoin : c’est le cas de certains comportements addictifs comme la boulimie, l’alcoolisme, le tabagisme. Consciemment, nous savons que ce n’est pas bien et pourtant… C’est pour cela qu’il est nécessaire, pour mieux s’alimenter, de composer avec le plaisir sans que ce dernier ne devienne autodestructeur. Rien ne vaut l’équilibre en toute chose. Il est tout aussi discutable de se « goinfrer » que de ne se nourrir que de « brocolis à l’eau de Vittel ». S’interdire le plaisir nous coupe tout autant de notre composante innée. Il est donc important d’allier l’utile à l’agréable.

 

Une question de bon sens

Même si l’on dit que l’appétit vient en mangeant, il est bon d’écouter son instinct et d’éviter de manger pour faire plaisir à autrui, comme nous avons pu le faire lorsque nous étions petits. Même si la convivialité fait partie de nos rites sociétaux, point n’est besoin d’en faire un devoir. C’est Michel qui est végétarien mais s’oblige à ingurgiter la sempiternelle dinde de Noël pour ne se pas fâcher avec sa famille. C’est Martine qui déteste la salade de fruits et angoisse à l’idée de devoir passer le week-end dans sa belle-famille puisqu’elle sait qu’elle va y avoir droit ! Le bon sens voudrait que nous commencions par nous émanciper des diktats en matière de nourriture. S’alimenter de mieux en mieux commence donc par savoir que ce qui est bon pour l’autre ne l’est pas obligatoirement pour soi. Cet état d’esprit a l’avantage de sortir d’un prosélytisme stérile et souvent source de conflits. Végétarisme, végétalisme, carnivore, nourriture bio ou moins bio, là n’est certes pas l’essentiel. Si certains vantent un mode d’alimentation qui leur convient, ce n’est certainement pas une raison pour qualifier d’irresponsable celui qui n’en fait pas autant.

 

Un rapport à soi

Nous connaissons, de par le flot des publications sur le sujet, les qualités de tel ou tel aliment et leurs implications sur notre santé. Pourtant, il existera toujours des différences d’appréciation selon les mouvances diététiques, voire même philosophiques. L’important reste d’être ouvert aux arguments tout en gardant notre libre arbitre. S’il y a une relation qui nous soit personnelle, c’est bien celle que nous entretenons avec notre bouche. Nous n’avons besoin de personne pour savoir ce qui est bon ou moins bon pour nous. Notre corps et notre psychisme se chargeront bien de nous prévenir que quelque chose ne va pas. Trop gros, trop maigre, cela finalement ne regarde que nous. Faites-vous confiance en étant à votre écoute : nul doute que vous vous alimenterez alors de mieux en mieux !

Source : .signesetsens.com

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