Parfois, les femmes aiment être des objets de désir sexuel… Mais tout dépend du contexte ?

LE PLUS. Quand elles sont certaines du sérieux de leur partenaire, les femmes aiment être des objets de désir sexuel. C’est en tout cas ce que révèle une récente étude américaine réalisée par trois chercheurs en psychologie. L’objectivation sexuelle n’aurait ainsi pas d’implications universellement positives ou négatives.

L’objectivation des femmes – le fait que les hommes puissent les réduire à leur attrait sexuel et les valorisent comme telles – commence très tôt dans leur vie.

Ce sont les regards appréciateurs ou dépréciateurs à l’école, les commentaires, les attouchements sexuellement suggestifs. Des attitudes et des comportements qui s’intensifient et se généralisent avec l’âge.

Une expérience que des tas d’études considèrent a minima négative du point de vue des objectivées, quand elle n’est pas carrément angoissante, comme avec le désormais célèbre « harcèlement de rue ».

Le signe d’une réussite matrimoniale

Le problème, c’est qu’un autre tas d’études observe qu’être objet de désir sexuel, et en avoir conscience, peut se révéler parfaitement réjouissant pour les femmes hétérosexuelles.

Un bout de preuve, c’est que les femmes sont prêtes à dépenser des fortunes et à investir un temps dingue pour améliorer leur apparence et leur désirabilité, quand elles ne passent pas, pour les plus fortunées et/ou les plus déterminées d’entre elles, sous le bistouri des chirurgiens esthétiques.

Et si les femmes concernées ont forcément des tas de raisons de s’y employer, l’ultime explication demeure aussi évidente que simplissime : s’attirer des partenaires.

Ensuite, une fois le mâle ferré, le fait d’être valorisée sexuellement peut être tout à fait satisfaisant, tant la femme sera susceptible d’y voir le signe de son attachement et de sa propre réussite matrimoniale.

Être sexuellement valorisée par son partenaire

Comment réconcilier ces deux perspectives et ces deux pôles de recherche ? En prenant conscience d’un fait, là encore, pas si difficile à comprendre : il n’y a pas qu’une sorte d’objectivation.

N’être qu’un objet dans les yeux (et le bulbe rachidien) du premier type qui passe ne comporte pas le même genre de risques que lorsque vous êtes sexuellement valorisée par un partenaire que vous avez choisi et chéri. Notamment, en connaissant intimement l’homme qui vous objective, il est possible que vous ayez obtenu certaines preuves de son engagement. Vous pouvez aussi savoir qu’il peut, par ailleurs et à d’autres occasions, vous apprécier pour le reste de vos atouts.

À l’inverse, même dans un couple « stable », une femme sera bien moins satisfaite par l’objectivation de son partenaire s’il n’est intéressé que par ses caractéristiques sexuelles et s’il semble fuyant.

Objectivation sexuelle et satisfaction maritale

Une récente étude, menée par trois chercheurs en psychologie affiliés à l’Université Northwestern et à l’Université de Floride confirme la nuance : les femmes aiment bien être des objets sexuels, tant qu’elles le sont aux yeux de partenaires dont elles ont éprouvé le sérieux conjugal.

À la faveur de deux expériences, rassemblant des couples dans leur première année de mariage – 113 pour la première, 108 pour la seconde – Andrea L. Meltzer, James K. McNulty et Jon K. Maner montrent que la corrélation entre objectivation sexuelle et satisfaction maritale est, chez les femmes, directement liée à la perception qu’elles ont de l’attachement et de l’engagement de leur époux.

Quand ce dernier leur semble présent, aimant, dévoué, elles sautent au plafond s’il les valorise sexuellement. À l’inverse, au moindre petit signe de détachement, l’objectivation sexuelle devient beaucoup moins satisfaisante, voire carrément affligeante. Un effet totalement absent chez les maris, et ce dans n’importe quel sens.

Tout dépend du contexte

Pour les chercheurs, ces observations prouvent qu’un processus interpersonnel comme l’objectivation sexuelle n’a pas d’implications universellement positives ou négatives, tout dépend du contexte.

Et si ce contexte aura été avantageux, d’un point de vue reproductif et à l’échelle évolutive, alors la femme sera d’autant plus susceptible de considérer son objectivation sexuelle comme positive.

À l’inverse, à contexte risqué, tangent, si ce n’est potentiellement nocif, l’objectivation sera perçue négativement.

Attirer et conserver

Évolutivement et reproductivement parlant, et d’un point de vue féminin, un partenaire que vous « réussissez » autant à attirer sexuellement qu’à conserver conjugalement, est, de fait l’idéal.

Parce qu’il faut souvent plusieurs essais coïtaux pour être fécondée et parce qu’une fois l’enfant arrivé à terme, il aura davantage de chances dans la vie s’il profite de l’investissement parental de ses deux parents – une réussite existentielle qui, dans l’œil complètement con de l’évolution, consiste principalement à ne pas mourir avant d’avoir pu se reproduire à son tour et transmettre vos gènes à la génération suivante.

 

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