Manger épicé, c’est bon pour la santé ?

Avec la mondialisation de la cuisine, les épices opèrent depuis quelques années un retour en force dans nos assiettes. Utilisées depuis toujours aux quatre coins du monde pour assaisonner les mets, ces substances d’origines végétales diverses (racines, graines, fruits, tiges, feuilles…) ont pour propriétés principales de donner du goût, de la couleur et de l’odeur. Tout cela, avec un apport énergétique faible, voire inexistant, au regard des infimes quantités incorporées aux plats.

Aujourd’hui, c’est avant tout pour ces formidables qualités organoleptiques que les médecins, nutritionnistes en tête, recommandent leur consommation. « Exhausteurs de goût naturels, les épices permettent de donner de la saveur aux plats comme le font le sel, le sucre et le gras, explique le Dr Jean-Michel Borys, endocrinologue et nutritionniste. Utilisées à bon escient, elles peuvent donc permettre d’en réduire les quantités. »

Les épices favorisent une alimentation équilibrée

Une pincée de cannelle sur un carpaccio d’ananas ou du fromage blanc, un peu de curry ou de paprika dans du potage ou des sauces, des baies sur la viande, de la vanille dans les pâtisseries… Épicer son assiette constitue une des clés essentielles de la réussite d’un régime amaigrissant.

Moins de sucre et de gras

« Les épices contribuent d’abord à diminuer les quantités de graisses et de sucre ajoutées, donc les apports énergétiques, continue le nutritionniste. Ensuite, elles permettent de varier les plats et de prendre du plaisir à table, malgré la restriction calorique. Enfin, elles rééduquent au goût et permettent de renouer avec de bonnes sensations alimentaires. Ce qui est indispensable quand on souhaite perdre durablement du poids. En effet, on a tendance à manger spontanément moins quand on a dans son assiette des mets épicés. »

Et aussi moins de sel

Moins de sucre, moins de gras, mais aussi moins de sel : au-delà de leur intérêt pour la silhouette, l’utilisation des épices en cuisine va naturellement dans le sens d’une alimentation équilibrée, contribuant à assurer une tension artérielle, une glycémie, et des taux sanguins de cholestérol et de triglycérides favorables à un bon état de santé.

« Elles permettent aux personnes souffrant de diabète, de cholestérol ou d’hypertension de conserver du plaisir à table, donc de mieux suivre les consignes données par leurs médecins. »

Les épices renferment des substances bonnes pour la santé

En plus de ces atouts découlant de leurs extraordinaires qualités organoleptiques, les épices renferment une foule de molécules diverses (vitamines, minéraux, pigments…) qui ont des bienfaits sur l’organisme.

« Toutes ou presque possèdent des vertus antiseptiques et bactéricides, c’est-à-dire qu’elles détruisent les germes », continue le spécialiste. D’ailleurs, à l’origine, elles servaient aussi de conservateurs à certains aliments, notamment dans les pays chauds.

Bien qu’elles demeurent encore un domaine à explorer, les recherches en cours ont montré qu’elles contenaient aussi pour la plupart des substances antioxydantes (quercétine, polyphénols, curcumine…).

« En aidant l’organisme à lutter contre les radicaux libres, elles pourraient lutter contre le vieillissement des cellules et exercer un effet protecteur vis-à-vis des maladies cardiovasculaires et de certains cancers. » Ainsi, le curcuma, le poivre, la noix de muscade ou encore le gingembre figurent en tête des aliments recommandés par le Pr David Khayat, cancérologue.

Deux bémols : les digestions difficiles et les allergies

Au milieu de ces louanges, quid des sensations incommodantes, voire douloureuses, que ressentent certains ?

Les épices peuvent irriter les muqueuses

« Les épices à la saveur piquante comme les piments ou le poivre peuvent, si elles sont consommées en quantités importantes, irriter les muqueuses et provoquer des crises hémorroïdaires, constate le Dr Bruno Bour, gastroentérologue au Centre hospitalier du Mans. C’est désagréable, mais sans risque sur la santé.

Cela ne peut en aucun cas perforer l’estomac : un ulcère étant une maladie infectieuse, manger épicé de manière raisonnable joue plutôt un rôle préventif grâce à son action bactéricide. Le mieux est de ne pas forcer quand on se sait sensible. »

Un risque d’urticaire avec certaines épices

Enfin, les épices peuvent aussi provoquer des allergies. «

 Les réactions les plus fréquentes concernent l’anis, le fenouil, le piment, le paprika et le fenugrec, et se caractérisent par un prurit autour de la bouche, de l’urticaire, voire un œdème de Quincke, note le Dr Isabelle Bosse, allergologue.

La seule solution, c’est l’éviction. Il faut questionner la personne qui a cuisiné et bien décrypter les étiquettes des produits manufacturés, car des épices comme le safran servent parfois juste de colorant. »

Le top 5 des épices

  • Le gingembre : aphrodisiaque

Riche en vitamine C lorsqu’il est frais,il pourrait, selon certaines études, augmenter la puissance masculine en boostant la circulation sanguine. Reste à savoir s’il ne s’agit pas d’un placebo ! Indispensable quand on cuisine asiatique (soupes, sushis, gâteaux, boissons…).

  • Le curcuma : anti cancer

L’un des 10 aliments phare du cancérologue David Khayat ! De récentes études ont montré que ce pigment jaune était capable de détoxifier des substances cancérigènes, de bloquer leur prolifération et de stimuler leur autodestruction. On l’utilise seul, mais aussi mélangé à d’autres épices (curry).

  •  Le piment : brûle-graisses

Il renferme de la capsaïcine, une substance qui, outre lui donner sa saveur brûlante, entraîne une légère augmentation des dépenses de l’organisme. On le retrouve souvent dans notre alimentation, sous forme de piment de Cayenne, Tabasco, paprika, harissa…

  •  Le clou de girofle : assainissant

En Chine, il parfumait l’haleine des courtisans… Encore aujourd’hui, on le recommande en cas de désordres digestifs et de mauvaise haleine grâce à son action antiseptique et à son parfum. Il entre dans la composition de plusieurs mélanges célèbres comme le curry, le ras-el-hanout ou le garam masala.

  •  La noix de muscade : digestive

Depuis des siècles, elle est utilisée pour apaiser lourdeurs, maux d’estomac, troubles du transit… Courante dans les préparations à base d’œufs, de lait, de pommes de terre, de fromage (quiches, béchamel, omelettes, gratins), mais aussi les gâteaux et les compotes.

Source : santemagazine.fr

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