Les 4 leçons de vie de Nelson Mandela ou comment éviter les conflits

On se plait à rêver que les puissants de ce monde pourraient s’inspirer du combat pacifiste de cet homme hors norme. Le véritable hommage ne serait-il pas d’appliquer les leçons de la vie de Madiba ?

Quelles sont les leçons que l’on peut retenir de cette « victoire » sans précédent obtenue contre toute attente ?

Leçon n°1 : Comprendre l’autre

Mandela a toujours observé, cherché à saisir la pensée de ses proches, alliés, détracteurs dans l’ANC ou adversaires. Il passe des heures au téléphone ou en réunion avec eux pour se pénétrer de leurs idées jusqu’à épuiser ses arguments (et les leurs). Durant ses 27 années de captivité à Robben Island, il s’imprègne de la culture blanche en lisant les ouvrages que lisent ses gardiens. IL s’interroge sur le chemin de pensée qui les a conduits à avoir des a priori sur l’ANC, ce « repère de terroristes » :

  • la méconnaissance du contexte ?
  • l’ignorance de la réalité des conditions de vie des Noirs ?
  • la facilité ?

Une analyse en profondeur qui lui permet de canaliser sa colère et d’entrer en contact avec toutes les parties.

En pratique : il faut dépasser ses blocages et ses préjugés pour être à même de percevoir ceux des autres ; analyser les points de tension de façon ponctuelle ; trouver les mots qui feront écho chez son interlocuteur. Faire l’effort de le comprendre, c’est permettre à l’autre de vous comprendre en retour.

Leçon n°2 : Avoir confiance dans la capacité de chacun à changer

ob_23af97_le-president-sud-africain-nelson-mandÉlu président en 1994, Mandela ne lance pas de chasse aux sorcières. Ses premiers mots sont pour le personnel du palais, à qui il propose de rester s’il le désire. La majorité accepte. Lors de la coupe du monde de rugby de 1995, disputée pour la 1ère fois par l’équipe nationale des Springboks – écartée jusque là pour cause d’apartheid- il persuade le staff de l’ANC de conserver l’ensemble des joueurs blancs ainsi que leur drapeau historique. Il parle d’homme à homme avec le capitaine en place, François Pienaar, y mettant de la chaleur et de l’empathie pour lui expliquer l’enjeu capital de ce moment sportif : la victoire d’une nation. Tout le pays en vient à soutenir ses champions qui remportent le titre. Les uns et les autres ont su se rapprocher, se souder, en vue d’un objectif plus grand qu’eux.

En pratique : il est possible de mobiliser les bonnes volontés malgré les divergences d’opinion ; de proposer un projet commun pour dépasser les clivages ; de garder les symboles positifs de chaque partie (ici : le drapeau, le maillot, etc.) pour rassembler autour d’un même objectif.

Leçon n°3 : Rester authentique

Le père de la nation Arc-en-ciel a incarné et respecté toute sa vie chez ses interlocuteurs, l’honnêteté, la sincérité, la simplicité, la générosité. En particulier lors des négociations avec le gouvernement De Klerk entamées dès sa sortie de prison en 1990, en vue d’obtenir l’égalité politique entre Blancs et Noirs. Il tient alors fermement ses valeurs : discuter sans se diminuer, sans manipuler non plus. Face aux provocations du chef zoulou du mouvement Inkhata, qui voulait l’autonomie économique de son territoire, il joue sa vérité. Par ailleurs, c’est lui qui propose de monter la commission « Vérité et réconciliation » en vue d’apaiser les rapports entre les ennemis d’hier.

En pratique : il faut jouer cartes sur table en exposant les désastres que peuvent causer l’entêtement ; faire raconter les faits pour crever l’abcès ; favoriser l’écoute mutuelle et l’émergence du pardon.

Leçon n°4 : Ne pas camper sur ses positions

Madiba, sait retenir et agréger les positions opposées quand il juge que c’est utile ou que c’est le moment. Il est en désaccord avec le PAC (Pan Africanist Congress) créé en 1959 par un membre de l’ANC, et qui claironne qu’en quatre ans l’Afrique du Sud sera libérée des Blancs, quels que soient les moyens employés ou les dégâts collatéraux. Mais face à ces discours agressifs, face à la conscience noire qui s’exacerbe (des militants sont massacrés par le gouvernement lors d’une manifestation), et après l’échec d’une grève générale, en 1961 Mandela finit par faire un pas de côté en décidant de créer une branche armée de l’ANC. Et il la place sous son contrôle afin de contenir toutes ces violences potentielles. Pragmatique et fin tacticien, le leader reconnait ainsi que la non-violence n’est pas efficace face à un gouvernement campé sur la ségrégation raciale et hostile. Il coupe ainsi l’herbe sous les pieds du PAC belliciste, rassure les populations qu’il incite à ne pas s’armer, et agit sur des cibles précises (bâtiments publics), afin d’épargner le sang des individus.

En pratique : Se faire le porte-voix des tensions internes afin de contenir les débordements potentiels ; savoir changer de pied sans excès et faire preuve d’une détermination sans faille en poussant les acteurs du conflit à bouger.

Source : un décryptage de Guillaume Pigeat, historien et auteur avec Anne Vermès de « Fédérer comme Mandela« , Eyrolles, décembre 2015.

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