L’amour, gage de bonne santé ?

Entre le stress lié à la vie de couple, la volonté moderne d’avoir une sexualité épanouie ou la notion d’engagement qui pose parfois problème, on peut imaginer que la vie amoureuse n’est pas toujours synonyme de bonheur ou d’apaisement. Pourtant, on entend souvent dire que « l’amour, c’est la santé ». Qu’en est-il vraiment ?

Le processus amoureux, qu’il s’agisse de l’attirance, de l’attachement mutuel ou du désir, fait intervenir de nombreuses hormones. Ces dernières sont liées à des sensations ou à des émotions bénéfiques pour la santé.

L’exaltation des premiers jours

Lorsqu’on tombe amoureux, le sentiment d’euphorie, d’exaltation et d’allégresse est lié à la sécrétion d’une hormone : la phényléthylamine (PEA). Elle est d’ailleurs surnommée « l’hormone de la passion » et le chocolat connu pour ses effets positifs sur l’humeur en contient. Les phényléthylamines ont un rôle de neurotransmetteur (= molécule chimique qui assure la transmission des messages d’un neurone à  l’autre) ce qui leur permet d’avoir une action particulière sur certains neurones.  En l’occurrence, la phényléthylamine apaise le stress et l’anxiété et constitue également un psycho-stimulant.

L’attachement et la construction du couple

Après les actions stimulantes de la phényléthylamine interviennent celles de la dopamine (hormone du bonheur) et de l’ocytocine (hormone de l’attachement). La dopamine est un neurotransmetteur associé aux sensations de plaisir et de dépendance. Elle interviendrait dans le processus d’attachement et dans les sentiments de fidélité.
L’ocytocine2 est naturellement sécrétée par notre cerveau. Également produite naturellement pendant l’accouchement et la lactation, cette hormone est à l’origine de la sensation de détente, l’attraction et l’attachement pour une autre personne. Elle serait un anti-stress puissant et aurait des effets dopants sur le système immunitaire.  Elle est sécrétée lors d’un câlin, d’une pensée amoureuse ou par un simple regard.

L’amour durable

Tout au long de la relation amoureuse, les endorphines sont à l’origine de la sensation de bien-être. Ces hormones sont des neurotransmetteurs de la famille des opiacés. Elles agissent de la même façon que la morphine en se fixant sur des récepteurs spécifiques qui bloquent la transmission des signaux douloureux et réduisent la sensation de douleur. Elles serviraient à combattre l’anxiété. L’endorphine peut être produite par le corps après un effort important comme une activité sportive, par exemple. La dépendance aux endorphines est forte mais sans danger sur la santé. Les endorphines pourraient également modifier réponses immunitaires favorablement.

Aucune relation amoureuse ne se ressemble. Pour certains, l’amour procure une sensation de bien-être et de bonheur qui les comble et qui les aide à se sentir bien psychologiquement. Pour d’autres, c’est le partage et la découverte perpétuelle de l’autre qui les aide à être heureux. Tomber amoureux aurait de nombreux impacts sur la santé mentale. Une relation amoureuse est souvent un moyen de se dépasser afin de plaire à l’autre, de se sentir rassuré par l’autre, de s’épanouir et d’avoir confiance en soi. L’amour, également grâce aux hormones sécrétées lors d’une relation amoureuse, serait en fait une sorte d’antidépresseur ! De plus, la sexualité aiderait à réduire le stress et conduirait généralement au bonheur selon une enquête québécoise.

Mais l’amour n’a pas que des bons côtés et peut être synonyme de stress et d’inquiétudes. Comme toute relation avec l’autre, l’amour est une succession de sentiments complexes et opposés : bien-être, jalousie, épanouissement, colère, passion, stress, inquiétudes… Les disputes au sein du couple, la jalousie ou l’infidélité peuvent engendrer des contrariétés et générer du stress et de l’anxiété,  Être amoureux n’est pas toujours facile et cela peut avoir un impact négatif sur notre santé mentale. La santé du couple est souvent au centre de la santé mentale qui fluctue alors selon la bonne entente ou les difficultés rencontrées.

Les codes modernes concernant les relations amoureuses et la sexualité peuvent également être des facteurs de stress et d’inquiétude. Vouloir se conformer aux clichés actuels montrant ce que devrait être un couple ou une vie sexuelle ne mène pas forcément au bonheur et serait un facteur d’anxiété supplémentaire.

De nombreux spécialistes s’accordent pour dire qu’il existerait un parallèle entre la santé physique et la santé mentale. La santé physique serait le reflet de la santé émotionnelle. Lorsqu’une personne se sent déprimée ou stressée, sa santé physique peut se détériorer, accroissant les risques de tomber malade par rapport à une personne qui se sent heureuse.

L’amour, accompagné d’un sentiment de bien-être et de bonheur, serait un bon moyen de rester en forme. Selon une étude,  les personnes vivant en couple seraient moins grippées  et auraient des réponses immunitaires plus efficaces que celles des personnes vivant seules.

Les relations sexuelles sont aussi un moyen de rester en forme. De nombreuses études scientifiques ont été menées et constatent que les relations sexuelles contribueraient au bien-être et au bonheur. Selon une étude menée en Grande-Bretagne, l’activité sexuelle permettrait de réduire les risques de souffrir d’une  maladie cardiaque et préviendrait l’ hypertension ainsi que divers cancers , notamment celui de la prostate et du sein.

Les amoureux moins grippés?

1er décembre 2005 – Les personnes âgées engagées dans une relation amoureuse seraient mieux prémunies contre la grippe que celles qui vivent seules. À l’inverse, les gens ayant vécu un deuil récent seraient moins armés contre le virus.

C’est ce qui ressort d’une étude menée en Grande-Bretagne auprès d’une centaine d’aînés de 65 ans et plus, qui ont d’abord répondu à un questionnaire portant sur leurs relations sociales et les événements marquants ou stressants qu’ils ont vécus dans les douze mois précédant l’étude.

Puis, les chercheurs ont mesuré la réponse immunitaire de chacun des patients, en prenant des échantillons sanguins : l’un juste avant de recevoir un vaccin contre la grippe, puis un deuxième, 30 jours plus tard.

Après avoir analysé les données, les chercheurs ont remarqué que les personnes vivant en couple présentaient davantage d’anticorps que celles vivant seules. Plus la relation amoureuse était satisfaisante pour les conjoints, plus leur système immunitaire était alerte.

Par contre, les personnes éprouvées par la mort d’un conjoint ou d’un proche – au cours des 12 mois précédant l’étude – montraient une réponse immunitaire plus faible que les sujets vivant seuls ou en union.

Certes, le décès d’un proche comme les relations amoureuses sont de nature imprévisible. Mais à la lumière des résultats, les auteurs jugent que des services d’accompagnement pour les personnes éprouvées par un deuil, ou encore des ressources pour améliorer la vie conjugale, pourraient contribuer à protéger les aînés contre la grippe et bien d’autres affections.

D’après BBC.

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