Cancers et vitamines

Vitamine D et cancer

On connait déjà le rôle de la vitamine D dans la prévention de nombreux cancers. Maintenant que les UVB solaires, principale source de vitamine D (1), nous ont quittés pour l’hiver, il est important, pour notre santé, de prendre un supplément de vitamine D. Les autorités ne s’entendent pas sur la dose, mais tous s’entendent pour dire que nous, les peuples nordiques, devrions en prendre au moins 6 mois par année. Question dose, les experts recommandent des doses d’au moins 2000 UI par jour pour les adultes.

Tout récemment, des chercheurs ont pu mesurer l’impact d’un supplément de vitamine D sur l’activation des gènes. Ils ont trouvé 291 gènes activés par la vitamine D. Ces gènes sont impliqués dans la régulation de la transcription (la capacité de construire correctement les protéines ou, si vous préférez, de suivre fidèlement les instructions contenues dans l’ADN), la fonction immunitaire, la réponse au stress et les capacités de réparation des gènes.(2)

Une multivitamine avec ça ?

La grande cohorte américaine Physicians’ Health Study II suit des participants depuis les années 1990 pour évaluer plusieurs aspects de leur santé. En 1997, les chercheurs ont recruté 14461 médecins de plus de 50 ans (âge moyen de 64 ans). Chez ces participants (population bien nourrie), la prise d’une multivitamine durant environ 11 ans (moy. 11,2 ans ; 10,7 à 13,3 ans) a eu un effet protecteur contre le cancer de 8% (hazard ratio [HR] : 0,92 ; intervalle de confiance 95% [IC] : 0,86–0,998 ; P=0,044). Le plus intéressant est que, dans le sous-groupe ayant déjà eu un cancer (1312 médecins), la réduction du risque pour un second cancer s’est élevé à 27% (HR : 0,73 ; IC 95% : 0,56–0,96 ; P=0,022).(3)

Vitamine B3 et cancer

Finalement, une autre vitamine se démarque dans la lutte contre le cancer : la vitamine B3 (niacine ou niacinamide ou nicotinamide). Cette dernière montre la capacité de renverser les dommages dus au soleil dans les cellules de la peau. En effet, des études sur les cellules de la peau ont montré que la niacinamide augmente les capacités de réparation de l’ADN endommagé par les UV dans les kératinocytes.(4) Ces mêmes mécanismes sont également efficaces contre les dommages secondaires à l’arsenic, un autre cancérigène.(5)

Plus intéressants encore, les résultats de 2 études cliniques montrent un effet significatif sur des lésions précancéreuses. Dans ces études, les participants ont pris soit 500mg de B3 une fois par jour (étude 500×1), soit 500mg deux fois par jour (étude 500×2), soit un placébo. Après 4 mois, les chercheurs ont évalué l’effet de la vitamine B3 sur la kératose actinique , cette lésion précancéreuse de la peau due au soleil. Dans l’étude 500×1, la prise de vitamine B3 a provoqué une réduction des lésions de 29% (IC 95% : 11–44% ; P=0,005). Dans l’étude 500×2, elle a entrainé une réduction de 35% (IC 95% : 18–48% ; P=0,0006).(6)

Les vitamines : sécuritaires

L’un des gros avantages des vitamines est leur sécurité. Personne n’est mort de prendre des vitamines et, pour avoir quelque effet néfaste, il faut réellement dépasser de beaucoup la dose. Ainsi, ces outils de prévention contre le cancer (et contre bien d’autres maladies), sans être des panacées, peuvent nous aider à conserver ou à améliorer notre santé. Bien entendu, les vitamines ne remplacent pas une alimentation de qualité, riche en légumes et en fruits colorés. Mais elles ajoutent un plus non négligeable aux efforts que nous faisons déjà.

commentaires

commentaires